Rentrée parlementaire à Ottawa – Le gouvernement devra miser sur la compétitivité de notre économie

À l’aube de la reprise des travaux parlementaires de la Chambre des communes du Canada, le CPQ (Conseil du patronat du Québec) rappelle qu’en cette année préélectorale, le gouvernement fédéral doit poser des gestes concrets afin de solidifier notre économie et doit lancer des signaux clairs en faveur d’une plus forte compétitivité fiscale et réglementaire.

 

« Le gouvernement fédéral doit démontrer qu’il comprend bien la réalité et les défis des entreprises, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières, en mettant en place des mesures concrètes favorisant un environnement d’affaires plus compétitif », souligne le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval. « En cette année préélectorale, il faut passer de la parole aux actes, car l’heure des bilans approche et il reste beaucoup de travail à faire. »

 

Voici quelques dossiers que le CPQ suivra au cours des prochains mois :

 

Main-d’œuvre et immigration

La disponibilité de la main-d’œuvre est un enjeu prioritaire pour les employeurs et des initiatives doivent être mises en place pour favoriser la mobilisation et la coordination de l’ensemble des acteurs (gouvernement, employeurs, institutions). L’immigration a aussi un rôle central à jouer dans notre développement économique, compte tenu du bassin de travailleurs potentiels qu’elle représente. Comme le gouvernement fédéral est un acteur fondamental dans ce dossier, le CPQ demande plus de flexibilité et une réduction des délais pour l’obtention des statuts temporaire ou permanent. Alors qu’Ottawa débutera ses consultations sur le sujet, nous espérons que les besoins des employeurs seront pris en compte.

 

De plus, la bonne situation de l’emploi au pays fait en sorte que le Fonds d’assurance-emploi est en bonne santé. Afin de faire profiter de ces sommes l’ensemble de la population, le CPQ demande au gouvernement d’investir dans la formation et qu’il donne des congés de ces cotisations aux employeurs qui offrent eux-mêmes la formation de leurs employés.

Fiscalité des entreprises et législation du travail

Bien que le CPQ ait accueilli de façon généralement positive la mise à jour économique de novembredernier, il attend toujours de voir d’autres mesures concrètes pour rétablir la compétitivité fiscale des entreprises canadiennes et pour alléger leur fardeau règlementaire. Rappelons que dans le contexte actuel, la capacité concurrentielle des entreprises canadiennes passe notamment par leur compétitivité fiscale, aujourd’hui érodée par la réforme fiscale majeure mise en place aux États-Unis. Il ne faut pas oublier que nos entreprises sont soumises à d’autres obligations réglementaires plus lourdes qu’aux États-Unis, y compris en matière de normes et de relations de travail. Si nous voulons garder un environnement d’affaires attrayant et compétitif tout en préservant des conditions de travail satisfaisantes pour les employés, le gouvernement fédéral doit faire sa part sur le plan fiscal.

 

Pour ce qui est de la législation du travail, ayant été consulté en 2018 au sujet des nouvelles dispositions du projet de loi C-86, et bien qu’il se réjouisse des avancées en matière d’équité salariale, le CPQ restera à l’affut de sa mise en œuvre et portera une attention particulière à la lourdeur administrative ainsi qu’aux coûts additionnels pouvant découler de l’application de cette nouvelle loi. L’organisme surveillera également les répercussions de la mise en œuvre des autres modifications au Code canadien du travail, notamment en ce qui concerne les horaires de travail, les congés prolongés et les agences de placement temporaire.

 

Infrastructures de transport et technologiques

Le CPQ estime qu’afin que différents programmes d’investissement en infrastructures contribuent efficacement au développement économique, ceux-ci doivent avoir la flexibilité et la souplesse nécessaire pour répondre aux besoins les plus pressants des différentes régions et aux réalités changeantes du commerce et de l’industrie, et permettre de restaurer et développer les infrastructures publiques de transport et de communications. Voilà pourquoi le CPQ appuie l’investissement dans les pôles logistiques, notamment les ports et chemins de fer, ainsi que dans le transport aérien régional et les infrastructures numériques (internet et sans-fil), notamment pour des régions plus connectées. Il s’agit là d‘exemples d’investissements efficaces et structurants.

 

Par ailleurs, le CPQ tient à souligner que le secteur des transports a grandement besoin d’une attention particulière. Pilier central de l’économie du pays et responsable d’une partie importante des émissions de GES, cette industrie a besoin d’investissements et de mesures concrètes, particulièrement dans le secteur du transport des marchandises, afin de permettre au Canada de profiter au maximum des occasions que présente la transition énergétique. Le CPQ suivra ce dossier de près.

 

Moteurs de croissance : innovation et commerce international

Au cours de l’année 2018, le Canada a connu du succès au niveau des relations commerciales internationales avec l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) ainsi que l’issue de la renégociation de l’ALÉNA qui a mené à la signature de l’Accord États-Unis–Mexique-Canada (AEUMC). Par contre, le fédéral doit continuer à diversifier les marchés et d’accompagner les entreprises sur les nouveaux marchés, car il est nécessaire que notre économie s’émancipe davantage de sa dépendance face au marché des États-Unis.

 

Pour ce qui est de l’innovation, le CPQ tient à souligner qu’en plus des mesures fiscales annoncées lors de la mise à jour économique de novembre dernier, le gouvernement devrait investir dans des programmes et initiatives ayant un effet de levier structurant, et poursuivre énergiquement la mise en œuvre de son programme pour l’innovation et le développement économique en renforçant les liens et la synergie entre les différents acteurs, notamment le secteur public et privé, les grandes et petites entreprises, le milieu des affaires et les milieux de l’éducation.

 

« Nous avons besoin d’une économie dynamique, diversifiée et innovante, d’une fiscalité favorable à l’investissement, de politiques qui favorisent le développement des compétences de la main-d’œuvre, et d’infrastructures de qualité, y compris les infrastructures numériques. Il reste quelques mois au gouvernement fédéral en place pour faire la démonstration qu’il peut aider le Canada à rester compétitif et productif », conclut M. Dorval.