Une hausse du salaire minimum plus importante que l’inflation

Le CPQ (Conseil du patronat du Québec) prend acte de la hausse du salaire minimum annoncée aujourd’hui par le gouvernement du Québec qui s’inscrit dans les lignes directrices de l’atteinte du niveau de 50% du salaire moyen et tient à souligner que les entreprises ayant de très faibles marges de profit sont celles qui risquent de subir le plus d’impacts.

 

« L’augmentation de 4,17 % (+ 0,50 $) du taux général du salaire minimum représente une majoration supérieure à l’inflation, à la hausse du coût de la vie et aux hausses générales de salaires prévues pour 2019 de 2,6%. C’est pourquoi les entreprises dont les marges de profits sont très minces auront plus de difficulté à l’absorber », estime Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ.

 

Le CPQ considère qu’il est essentiel de protéger le pouvoir d’achat des travailleurs, mais qu’il faut également respecter la capacité de payer des employeurs. Le maintien d’un juste équilibre demeure un facteur essentiel dans l’équation. Cette hausse fait suite à celle de 6,67% qui a eu lieu en 2018, et l’atteinte qui avait été prévue du niveau de 50 % du salaire moyen est devancée d’un an. Or, il est important que les lignes directrices de la politique d’augmentation de l’atteinte de 50% du salaire moyen continuent de s’appliquer. Le taux d’augmentation du salaire minimum ne devrait pas dépasser le taux de croissance du salaire moyen. De plus, il peut avoir des impacts significatifs sur les entreprises de certains secteurs comme la restauration, le commerce de détail, l’agroalimentaire ou la transformation, sans compter l’effet de domino que cela pourrait engendrer sur les salaires proches du salaire minimum.

 

« Même si au Québec le salaire minimum horaire est plus bas que dans certaines autres provinces, le coût de la vie y est aussi moindre, et le système d’impôts et de transferts fait en sorte que la charge fiscale nette est plus basse pour les travailleurs au salaire minimum. Il faut tenir compte de la réalité économique de la société québécoise, de l’inflation et du salaire moyen », affirme M. Dorval.

 

Le CPQ rappelle, en fait, comme un très grand nombre d’économistes, que le niveau du salaire minimum ne peut être déterminé par un chiffre arbitraire comme le 15 $/l’heure mis de l’avant par certains groupes sociaux. Il doit être toujours mis en lien avec le salaire moyen en vue d’améliorer le niveau de vie des travailleurs au bas de l’échelle tout en respectant la capacité de payer des entreprises et en minimisant l’impact négatif sur l’économie ainsi que sur les consommateurs d’une hausse trop importante.